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20 février 2017

Qui a tué Roger Ackroyd ? [Pierre Bayard]

L'auteur : Né en 1954, Pierre Bayard est psychanalyste et professeur de littérature française. Il est connu pour ses essais autour de la littérature.

L'histoire : Même s'ils n'ont pas lu le chef-d’œuvre d'Agatha Christie, Le meurtre de Roger Ackroyd, de nombreux lecteurs, surtout parmi les amateurs de romans policiers, connaissent le procédé qui l'a rendu célèbre et croient pouvoir affirmer : l'assassin est le narrateur.

Mais est-ce si sûr ? Comment se fier à un texte où les contradictions abondent et qui s'organise autour d'un récit unique, celui du prétendu criminel ? Et qui peut dire qu'Hercule Poirot, dans son euphorie interprétative, ne s'est pas lourdement trompé, laissant le coupable impuni ?

Roman policier sur le roman policier, cet essai, tout en reprenant minutieusement l'enquête et ne démasquant le véritable assassin, s'inspire de l’œuvre d'Agatha Christie pour réfléchir sur ce qui constitue la limite et le risque de toute lecture : le délire d'interprétation.

Mon avis : Sur ma lancée de lecture d'essai avec L'affaire Arnolfini de Jean-Philippe Postel qui m'avait beaucoup plu, je me suis tournée vers Qui a tué Roger Ackroyd ?, intriguée par la mise en abyme d'un mystère au sein même d'un roman policier. C'est donc plutôt confiante que j'ai entamé ma lecture.

Le début est très intéressant : Pierre Bayard décrypte les techniques utilisées par Agatha Christie pour tromper son lecteur, tout en lui donnant toutes les clés de compréhension : détournement et déguisement, selon le principe de Van Dine, les deux fonctionnant ensemble. C'est le genre de décorticage que j'apprécie, même si il est toujours préférable d'avoir bien en tête le roman avant de s'y plonger. Au-delà de l’œuvre d'Agatha Christie, car l'auteur va chercher bien plus loin que le seul roman dont il est essentiellement question, c'est tout une réflexion sur la lecture et les rôles d'auteur et de lecteur.

J'avoue par contre que l'essayiste m'a perdue dans sa contre-enquête, c'est-à-dire dans les deux dernières partie, notamment avec des phrases comme celle-ci :
"Ce qui apparaît clairement ainsi, c'est que l'indice est moins un signe déjà présent qu'un signe qui se constitue après coup dans le mouvement herméneutique de l'interprétation, laquelle, en proposant un sens définitif, hiérarchise les données et construit à rebours une structure textuelle plausible." (p°97)
C'est le genre de phrase que je dois relire plusieurs fois pour tenter de la comprendre, sans être jamais certaine d'y arriver d'ailleurs. Ça a le don de me gâcher complètement une lecture. J'aurais pu me douter cependant, vu la profession de psychanalyste de l'auteur, que la lecture ne serait pas aussi aisée tout du long. De plus, je n'ai pas été convaincue par sa théorie. L'auteur me semble ici victime lui-même de son délire d'interprétation qu'il dénonce si fortement dans les paragraphes précédents. Il tient tellement à son effet de manche qu'il en oublie qu'aussi tentante que soit son idée, elle est forcément biaisée par l'angle de lecture sous lequel il nous la présente.

Si j'aime comprendre les mécanismes de conception d'un roman, je n'en reste pas moins une lectrice qui s'attache au plaisir ressenti à la lecture d'un texte. Parfois j'arrive à mettre des mots dessus, pas toujours correctement. Mais, à chercher à tout analyser, on perd trop à mon goût de cette notion essentielle qui fait le bonheur de tout lecteur. Un essai que je conseille donc à ceux qui, avertis, auront envie de s'y frotter, car cela reste intéressant.

Qui a tué Roger Ackroyd ?, de Pierre Bayard
Éditions de minuit
Novembre 2013

17 février 2017

L'éléphant la revue, numéro 17

Une fois n'est pas coutume, c'est d'une revue de culture générale dont je vais vous parler aujourd'hui. Je l'avais croisé sur plusieurs média différents et elle m'avait toujours intriguée. Grâce à Babelio et son partenariat avec Scrineo, j'ai pu la découvrir.

Lancée en 2013 par Jean-Paul Arif et Guénaëlle Le Solleu, L'éléphant est une revue trimestrielle au graphisme soigné, proche d'un livre avec ses 160 pages. Elle permet de compléter sa culture générale par le biais d'articles d'un ou plusieurs pages sur des sujets très divers : histoire, philosophie,  religion, politique, mathématique, arts en tout genre (littérature, musique, sculpture, peinture...)... et de tester ces nouvelles connaissances tout au long du parcours de lecture.

Les articles sont vraiment intéressants. Dans ce numéro j'ai en particulier été marquée par celui sur le jugement majoritaire comme système de vote, au milieu d'un dossier politique sur les élections présidentielles à venir, qui évoque assez largement le système de vote français donc mais aussi la fiabilité des sondages qui fait abondamment parler en ce moment. Même les sujets qui pourraient sembler ardus sont abordés intelligemment et simplement, avec même des touches d'humour bien trouvés (cf. les noms des candidats à la présidentielle donnés dans les exemples). Le but semble être de donner des premières clés de lecture pour qu'ensuite chacun, en fonction de ses centres d'intérêt, aille chercher des informations plus pointues.

Autre article intéressant, celui sur l'attention sous toutes ses formes, y compris les manques comme la cécité d'attention ou la cécité au changement, le syndrome du banquet ou l'effet cocktail party. Ce sont des phénomènes fascinants encore une fois clairement et simplement expliqués.

Selon les sujets abordés dans chaque rubrique, le lecteur trouvera toujours quelque chose qui pique sa curiosité. Je ne vais pas mentir, je n'ai pas tout lu. C'est que la revue est riche. Le format trimestriel me semble donc judicieux, à la fois pour donner assez de temps aux journalistes pour rédiger des articles e qualité, mais aussi pour laisser aux lecteurs le temps nécessaire pour la lire vraiment.

Car L'éléphant n'est pas de ces magazines qu'on lit en 20 minutes. On le prend, on lit un article ou un dossier en fonction du temps dont on dispose puis on le repose avant de le reprendre plus tard. C'est typiquement le genre de lecture que j'apprécie dans les toilettes, parce que c'est là que j'ai du temps et qu'on ne vient pas me déranger. J'ai donc toute latitude pour entamer une lecture enrichissante qui demande tout de même un minimum de concentration (comme le dit l'article sur l'attention, c'est du multitasking n'utilisant pas le même canal sensoriel).

J'avoue avoir été assez séduite par cette revue. Je pense aller acheter le prochain numéro et si mon intérêt se confirme, pourquoi ne pas m'abonner...

15 février 2017

Come prima [Alfred]

L'auteur : Alfred, de son vrai nom Lionel Papagalli, est né à Grenoble en mai 1976. Auteur de bandes dessinées français, il a gagné le Fauve d'or au festival d’Angoulême en 2014, pour l'album Come Prima.

L'histoire : Début des années 60. Suite à la mort de leur père, deux frères, Fabio et Giovanni, sillonnent les routes au volant d'une Fiat 500. Leur voyage, émaillé de disputes et de silences, de souvenirs et de rencontres, les conduira jusqu'à leur Italie natale, quittée depuis des années. Par bribes, le portrait de leur père se recompose et les amène à mettre en lumière leurs relations tumultueuses...

Mon avis : J'ai un peu de mal à comprendre l'engouement autour de cet album. Le décor pourtant est sympathique : sur les routes entre France et Italie, dans les années 60, le tout dessiné avec des tons ocres qui évoque facilement la chaleur.


Mais l'histoire de ces deux frères qui se retrouvent après dix années de séparation, dont on ne découvrira la raison que sur la fin, de ce retour au bercail pour Fabio, ne m'a pas plus émue que cela. Fabio est quelqu'un d'égoïste, qui s'est enfermé dans cette distance qu'il a lui-même creusée entre lui et sa famille. Si Giovanni ne venait pas le chercher, l'urne du père sous le bras, il ne saurait comment renouer le lien qu'il a lui même coupé. Pourtant il en souffre, mais ça il ne l'avouera jamais. Au fil du voyage en Fiat 500, les souvenirs vont affleurer, la colère va exploser, la tendresse pudiquement cachée. C'est l'histoire d'un passage à l'âge adulte que nous conte Alfred. Il n'aura pas été simple celui de Fabio et il a eu des répercussions sur toute sa famille, blessée. L'Homme fait des erreurs pour apprendre.

J'aime assez d'habitude qu'un auteur laisse des parts d'ombre, charge aux lecteurs de combler les trous un peu comme ils veulent. Sauf qu'ici, ça participe à la distance que j'ai gardé tout au long de ma lecture. Beaucoup voit dans Come Prima un hommage au cinéma italien des années 60, que je n'aime pas, trop introspectif. Du coup, c'est peut-être assez logique ! Alors, même si j'ai aimé le dessin et l'ambiance, même si le sujet pouvait me plaire également, c'est le traitement qui ne m'a pas du tout convaincue.


Come prima, d'Alfred
Delcourt
Octobre 2013

13 février 2017

Territoires [Olivier Norek]

Je termine la trilogie d'Olivier Norek avec l'épisode deux, Territoires.

L'histoire : À Malceny, dans le 93, on est habitué aux règlements de comptes. Mais un nouveau prédateur est arrivé en ville et, en quelques jours, les trois plus gros caïds du territoire sont exécutés. Le capitaine Coste et son équipe vont devoir agir vite, car leur nouvel ennemi s'implante comme un virus dans cette ville laissée à l'abandon, qui n'attend qu'un gramme de poudre pour exploser. Une ville où chacun a dû s'adapter pour survivre : des milices occultes surentraînées, des petits retraités dont on devrait se méfier, d'inquiétants criminels de 12 ans, des politiciens aveugles mais consentants, des braqueurs audacieux, des émeutiers que l'État contrôle à distance de drone. Et pendant ce temps, doucement, brûle la ville.

La dernière affaire du capitaine Coste ? Elle se passe en enfer...

Mon avis : Territoires est à l'exacte image des deux autres tomes de l'auteur, Code 93 qui le précède et Surtension qui le suit. Dès les premières lignes, le lecteur plonge dans l'univers qu'Olivier Norek propose. Un univers sombre mais très réaliste, ici celui des trafiquants de drogues et des magouilles des politiciens. L'écriture est toujours aussi fluide, sans fioritures inutiles et addictive : on entre dans ce monde et on n'a aucune envie de le quitter sans connaître le fin mot de l'histoire. Je vous laisse donc imaginer ma frustration lorsque le RER arrivait à ma station de métro et m'obligeait à refermer le roman !

En multipliant les points de vue, Olivier Norek donne au lecteur toutes les clés pour parfaitement saisir les tensions monter inexorablement. Le rythme soutenu du style aide d'autant à voir devant nous la ville brûler, les flammes habilement attisées dans une lutte de pouvoir qui fera des victimes. Jusqu'à ce que tout bascule. De petites zones d'ombre sont intelligemment maintenues pour que le suspense fonctionne à plein.

Pour alléger la tension, on peut compter sur les personnages qui forment l'équipe du capitaine Coste, tous différents et tous sympathiques. Qui se serrent les coudes, sortent parfois un peu du cadre légal et évitent ainsi le cliché, s'envoient des vannes sans méchanceté qui font sourire le lecteur même dans une situation tragique. Pas de super héros ni de héros perdu. Et puis la découverte des relations entre services policiers est ici un vrai plus : les différents groupes Crim' de la SDPJ, les Stups, la Canine, le groupe d'intervention...

Que dire de plus que ce que j'ai déjà pu vous dire sur cet auteur : il est doué et ses romans sont toujours de vrais plaisirs de lecture. Foncez le découvrir ! De mon côté, je n'ai plus qu'à m'armer de patience en espérant un tome 4 aux aventures du capitaine Coste.

Territoires, d'Olivier Norek
Pocket
Avril 2016

10 février 2017

La la land, de Damien Chazelle

Film américain de Damien Chazelle, sorti le 25 janvier 2017, avec Ryan Gosling et Emma Stone.

L'histoire : Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions.
De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance.
Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…
Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?

Mon avis : Je suis allée voir La la land intriguée par ce qui pouvait provoquer ce torrent de bonnes critiques. Mister n'aimant pas les comédies musicales, il a fait l'impasse. De mon côté, sans être une fan, je n'y suis pas allergique, donc direction le cinéma.

Le film commence bien : visuellement, c'est indéniablement très beau et la scène d'ouverture est magnifiquement chorégraphiée. Damien Chazelle réussit l'exploit de rendre hommage à un genre oublié tout en étant très moderne dans sa réalisation. Le spectateur reste surprit alors même qu'il connait par cœur les codes du genre et j'ai été étonnée de prendre autant de plaisir pendant les scènes musicales. Même lors des morceaux de jazz, moi qui n'aime vraiment pas ça, car Sebastian sait faire passer son amour de cette musique. Il y a cependant un gros bémol sur un numéro de claquettes qui ne s'entend pas ! Quel dommage de gâcher cette séquence qui aurait autrement pu être très belle.

Emma Stone et Ryan Gosling, couple charmant à l'écran, livrent une excellente performance, en campant deux personnages portés par leur passion, le cinéma et le jazz, passion pour laquelle ils vont tout donner. Le destin les fait se croiser et s'attarder quelques instants ensemble. Leur rencontre, loin d'un coup de foudre, nous laisse espérer de beaux moments, qu'on espère décalés, tendres ou drôles, mais qui ne viendront malheureusement pas.

J'ai beaucoup entendu parler dans les critiques d'ode à l'amour et à la vie, de film qui vous donne envie d'être heureux. J'avoue ne pas du tout avoir ressenti cela. Certes, c'est beau et mignon, mais j'ai trouvé l'ensemble terriblement neutre au niveau des sentiments. Déjà peut être parce que le scénario prend trop son temps pour installer l'histoire. J'ai regardé évoluer Sebastian et Mia sans déplaisir mais sans réel intérêt. Leurs émotions ne m'ont pas touchée et ne sont pas particulièrement servies par les chansons qui devraient pourtant les exalter. Je n'ai pas vu le romantisme ni la particularité de cette histoire d'amour, au final très convenue. Il manque clairement le petit grain de folie qui aurait pu emporter tout ça, dévoiler une intensité fait terriblement défaut.

Bref, une déception suite au battage médiatique qui a été fait sur ce film, joli mais peu passionnant.

08 février 2017

Bone tome 1 : la forêt sans retour [Jeff Smith]

L'auteur : Né en février 1960, Jeff Smith est un auteur de comics américain, surtout connu pour Bone, série de fantasy qu'il a auto-publié de 1991 à 2004

L'histoire : Chassés de Boneville, les trois cousins Bone pénètrent dans une forêt qui ne figure sur aucune carte. Ils y découvrent un monde peuplé d'incroyables créatures, alors qu'une guerre ancestrale est sur le point de reprendre. Durant leur exil, ils font la rencontre d'un dragon fumeur de cigarettes, de rats-garous mangeurs de quiches, de la jolie Thorn mais aussi de sa grand-mère, capable de battre un troupeau de vaches à la course... De surprises en surprises, leur périple se transforme en une fantastique épopée.

Mon avis : C'est Lelf qui n’arrêtait pas de parler de Bone comme étant sa lecture BD doudou, en en vantant tous les mérites, qui m'a donné très envie de découvrir ce comics. J'ai pu emprunter le premier tome à la bibliothèque.

J'avoue que les premières planches m'ont déstabilisée. D'abord, je ne m'attendais pas au classement jeunesse, pensant qu'il y aurait un côté sombre peu adapté au jeune public. Et pourtant, effectivement, le début est assez simpliste, l'ambiance plutôt joyeuse. Il faut attendre quelques pages pour qu'un début de noirceur apparaisse et qu'un adulte y trouve pleinement son compte (sans pour autant que cela ne fasse trop peur à la jeunesse).

Ce qui fait avant tout le charme de ce premier tome, c'est l'humour et l'aventure, partout présents. Grâce à Fone Bone d'abord, le gentil héros pas très intelligent mais avec un cœur énorme et beaucoup de courage. Le dessin tout en rondeur en fait un personnage parfait dont nous allons suivre les péripéties. À ces côtés, ses cousins Phoney Bone, gripsou et égoïste au possible qui provoque les rebondissements, et Smiley Bone, un peu benêt sur les bords mais parfois étonnamment de bons conseils. Ils flirtent à la limite de la caricature mais sans jamais tomber complètement dedans. Autour d'eux, la galaxie de personnages secondaires est tout à fait savoureuse : le dragon fumeur de cigares, Mamie Ben et Thorn, les rats-garous...


Il y a clairement l'influence du dessin animé (type Disney) dans ces personnages, et cela ajoute au côté très accessible de l'histoire, tirant sur la fantasy (un monde et des êtres fantasmés) et l'aventure avec finesse et humour. Mais aussi un peu de noirceur, car pour l'instant le personnage de Thorn reste très mystérieux et dans le premier tome le lecteur ne comprend pas encore très bien ce qui se joue entre les différentes forces présentes dans la forêt. Jeff Smith propose ici un vrai univers, bien construit, dans lequel il emmène son lecteur avec habileté, et avec parfois même un brin de poésie.
Ce premier tome m'a bigrement donné envie de découvrir la suite. Je pense même sérieusement à m'acheter l'intégrale.

Bone tome 1 : la forêt sans retour, de Jeff Smith
Éditions Delcourt
Janvier 2007

06 février 2017

Mapuche [Caryl Férey]

L'auteur : Caryl Férey, né en juin 1967 à Caen, est un écrivain français de romans policiers.

L'histoire : Rubén, fils du célèbre poète Calderón assassiné dans les geôles de la dictature argentine, est un rescapé de l'enfer. Trente ans plus tard, il se consacre à la recherche des disparus du régime de Videla. Quand sa route croise celle de Jana, une jeune sculptrice mapuche qui lui demande d'enquêter sur le meurtre de son amie Luz, la douleur et la colère les réunissent. Mais en Argentine, hier comme aujourd'hui, il n'est jamais bon de poser trop de questions, les bourreaux et la mort rôdent toujours...

Mon avis : Je me suis décidée à sortir ce roman de ma PAL pour le rendre enfin à sa légitime propriétaire qui me l'avait gentiment prêté. Le début m'a un peu perturbée : c'est plein de références à l'Histoire sud-américaine, que je ne connais pas, de même que cette partie du globe que je ne connais pas non plus. L'auteur a visiblement fait un énorme travail de documentation pour poser le cadre de son roman. Mais si on persévère sans s'effrayer, c'est bigrement intéressant.

C'est fascinant même, plus pour cette découverte de l'Histoire que pour les personnages principaux que j'ai trouvé caricaturaux. L'histoire d'amour entre Rubén et Jana n'est pas crédible, surtout vu la personnalité de chacun : Rubén est un presque quinquagénaire qui multiplie les conquêtes d'un soir et Jana une jeune artiste ex-prostituée des bas-fonds issue d'une peuplade éteinte. Si le personnage de Rubén tient la route dans le contexte historique des enlèvements programmés sous la dictature, celui de Jana et son passif n'apportent pas grand chose au récit, en dehors du déchainement de violence finale qui y trouve une pseudo-jusitification. Et si on peut comprendre que ces deux solitudes se retrouvent le temps de l'enquête, avec leurs blessures profondes qui les motivent chacun à leur façon, ça ne fonctionne pas sur le long terme, ce que laisse supposer les envolées lyriques utilisées par l'auteur pour décrire ces scènes. Écriture qui en plus ne colle pas du tout avec le talent dont l'auteur fait preuve pour tout le reste du récit.

A l'inverse, les personnages secondaires sont eux parfaitement campés et on y croit. Ils apportent tous un élément dans l'enquête que mènent Rubén et Jana pour mettre à jour les origines du meurtre de Luz. Au passage, c'est tout le passé de l'Argentine qui refait alors surface. Les actes d'aujourd'hui ont été dictés par la nécessité d'éviter que ceux d'hier soient découverts. L'enquête elle-même n'est peut être qu'un prétexte pour aborder ce passé. Mais Caryl Férey nous embarque avec lui sur ces traces pour remonter le fil du temps, sombre et violent. Qu'il est difficile de solder ses comptes et faire table rase d'un passé qui a marqué tant d'hommes et de femmes, tant de génération !

Un roman qui nous permet d'apprendre tout en se divertissant avec une excellente lecture, comme j'aime.

Mapuche, de Caryl Férey
Folio
Décembre 2013

03 février 2017

Plum spooky [Janet Evanovich]

Et c'est reparti pour une lecture doudou avec ce dernier between-the-novels des aventures de Stephanie Plum par Janet Evanovich.

L'histoire : Trenton, New Jerssey-based bounty hunter Stephanie Plum is the all-American girl stuck in an uncomfortable job, succeeding on luck and tenacity. On her current most wanted list: Martin Munch, a man whose body hasn't made it out of the boys' department at Macy's but whose larger-than-life brain is the means to his business partner's murderous ends. Usually Stephanie gets her man. This time, she gets Diesel, a boutny hunter whose special skills include tracking men and pleasing women. Now it's up to Stephanie and Diesel to hunt down Munch through the Pine Barrens and face the legendary Jersey Devil - prowling above the treetops in the dark of night - and find a way to survive cranberry bogs, sand in their underwear, too many monkeys to count... and, of course, each other.

Mon avis : Je vais encore me répéter : Stephanie Plum, c'est ma série doudou, celle vers laquelle je me tourne quand j'ai un coup de déprime et dans laquelle je suis certaine de trouver beaucoup d'humour, de celui qui vous change les idées et qui est plein de réparties qui font mouche. C'est aussi des scènes très drôles, que ce soit ici la quantité de singes incroyable que notre chasseuse de primes à sur ses talons ou encore Tank et Lula se disant très discrets : quand on connait les personnages, c'est tout simplement un oxymore !

Pour une fois, ce between-the-novels a été plus agréable que les autres : un peu moins de magie, une enquête farfelue comme je les aime, des apparitions de Ranger et Morelli aux petits oignons, le lapin de Pâques et Bigfoot, un tome un peu plus long que les autres aussi,... A force de vivre des situations abracadabrentesques, plus rien n'étonne ni le lecteur, ni la famille et les amis de Stephanie. Et pourtant, ca fait toujours autant de bien à l'âme que de lire ces romans sans prétention autre que de vous faire passer un bon moment entouré(e) de gens doux-dingues.

Plum Spooky, de Janet Evanovich
St Martin's Paperbacks
Janvier 2010