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04 août 2015

Le chat bouboule [Nathalie Jomard]

L'auteur : Nathalie Jomard est une illustratrice française, freelance. Elle tient le blog Petit précis de Grumeautique et a écrit des albums tirés de ses expériences personnelles.

L'histoire : Avis aux fans de chats et de Nathalie Jomard ! Cocasse, un poil machiavélique, en surpoids pondéral chronique (mais assumé) : le chat bouboule bénéficie déjà d une certaine notoriété ! Retrouvez le célèbre chat créé par Nathalie Jomard dans ses propres aventures, toujours prêt à rendre service à ses maitres... ou pas !

Mon avis : Chat bouboule, c'est le chat de la République-bananière-et-autoproclamée-du-Grumeauland, aka le blog de Nathalie Jomard que je suis régulièrement avec bonheur. C'est frais, c'est drôle, et les personnages sont attachants. L'auteur y décrit ses péripéties de jeune maman, décomplexant passablement les femmes (ou les hommes) au passage. Alors quand j'ai su qu'un album était dédié à Chat bouboule, j'ai forcément voulu le découvrir. C'est Babelio qui m'en a offert l'opportunité grâce à son partenariat Masse critique avec les éditions Jungle.

On retrouve ici le coup de crayon si particulier et si plaisant de Nathalie Jomard. L'album est coloré et vif. Et Chat bouboule en est le personnage principal. Les grumeaux font parfois leur apparition, mais sans lui voler la vedette. Pour les lecteurs qui ne connaitraient pas le blog, il sera peut être un peu compliqué de comprendre la famille et les relations qui lient tous les protagonistes.

Chat bouboule aime manger, dormir, être tranquille, jouer parfois. Lorsque les enfants s'en prennent à lui, il reste bon pâte. Mais n'hésite pas à se venger lorsqu'il peut, ni à faire quelques bêtises. Il est plein de défauts mais toute la famille l'adore. Ça sent le vécu, et ceux qui ont des félins s'y retrouveront forcément.


Le chat bouboule, de Nathalie Jomard
Éditions Jungle
Mai 2015

28 juillet 2015

Les minions, de Pierre Coffin et Kyle Balda

Film d'animation américain de Pierre Coffin et Kyle Balda, sorti le 8 juillet 2015.

L'histoire : À l'origine de simples organismes monocellulaires de couleur jaune, les Minions ont évolué au cours des âges au service de maîtres plus abjectes les uns que les autres. Les disparitions répétitives de ceux-ci, des tyrannosaures à Napoléon, ont plongé les Minions dans une profonde dépression. Mais l'un d'eux, prénommé Kevin, a une idée. Flanqué de Stuart, l'adolescent rebelle et de l'adorable petit Bob, Kevin part à la recherche d'un nouveau patron malfaisant pour guider les siens. Nos trois Minions se lancent dans un palpitant voyage qui va les conduire à leur nouveau maître : Scarlet Overkill, la première superméchante de l'histoire. De l'Antarctique au New York des années 60, nos trois compères arrivent finalement à Londres, où ils vont devoir faire face à la plus terrible menace de leur existence : l'annihilation de leur espèce.

Mon avis : Les minions, vous savez, ce sont ces petites créatures jaunes un peu beaucoup bêtes qui tiennent compagnie à Gru, le méchant de Moi, moche et méchant. Je ne sais pas pourquoi, leur bouille m'attendrit. Et comme avec la chaleur j'ai eu envie de rechercher un peu de fraîcheur dans une salle obscure (ça semble être le leitmotiv de cet été), j'ai tenté ce film.

Les personnages donc, sont déjà connus du grand public. À grand coup de marketing, Hollywood s'est assuré qu'ils nous soient familiers, nous inondant sous les produits dérivés. Un peu trop sûrement pour certains. Ils sont donc jaunes, petits, portent des salopettes, ont un ou deux yeux, babillent plus qu'ils ne parlent, adorent les bananes et cherchent à servir un méchant. Sauf que, terriblement gaffeurs, ils sont souvent à l'origine de la disparition de leur maître.

J'avoue avoir surtout rigolé au début du film, depuis le générique Universal à la présentation successive des Méchants que ces petits larbins ont servi : le T-Rex, le premier homme, Dracula, Napoléon qui finit par les exiler... Le trio Kevin, Stuart et l'attendrissant Bob vont partir en expédition pour trouver un nouveau méchant. À partir de là, il s'agit d'une succession de gags, certains faisant mouche, d'autres moins. Il y a pas mal de références, de James Bond aux Beatles, dans ce Londres des sixties. C'est bien mené et ça tient la route, le tout sans grande surprise cependant.

Pas le meilleur film d'animation vu récemment, mais une réalisation sympathique et pas si mauvaise qu'on aurait pu le craindre. On rit et on sourit souvent, que demandez de plus.

Bob tentant d'amadouer un recruteur en lui montrant ses qualités de méchant

21 juillet 2015

Les impliqués [Zygmunt Miloszewski]

L'auteur : Né en mai 1976 à Varsovie, Zygmunt Miloszewski est un écrivain et journaliste. Il est notamment l'auteur d'une série avec comme personnage récurrent le procureur Teodore Szacki, dont le premier tome est Les impliqués.

L'histoire : Un dimanche matin, au milieu d’une session de thérapie collective organisée dans un ancien monastère en plein cœur de Varsovie, Henri Telak est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l’œil. L’affaire atterrit sur le bureau du procureur Teodore Szacki, las de la bureaucratie inhérente à son poste et de sa vie de famille sans relief. Il rencontre Monika Grzelka, une reporter qui affiche un goût certain pour le flirt, et découvre le pouvoir effrayant de certaines méthodes thérapeutiques non conventionnelles basées sur les mises en scène. L’un des participants à cette session se serait-il laissé absorber par son rôle au point de tuer Telak ? L’enquête de Szacki fera resurgir un assassinat commis vingt ans plus tôt, avant la chute du communisme, et le mènera à des faits qui, pour sa propre sécurité, auraient mieux fait de rester oubliés.

Mon avis : Si ce roman est arrivé dans ma PAL, c'est grâce à Lelf, qui vante depuis longtemps les bonnes publications de la maison d'éditions Mirobole. Alors, lorsque Les impliqués de Zygmunt Miloszewski a été proposé à petit prix dans la boutique Kindle, je n'ai pas hésité.

D'abord, le cadre choisi, celui de la Pologne et de Varsovie. Rien que ça, ça m'a plu tout de suite. J'en ai un peu ras le bol des polars américains. Bon, vous me direz, c'est ma faute, je n'ai qu'à lire d'autres auteurs. Et bien voilà, justement. Et c'est bien agréable. La description que l'auteur nous fait de Varsovie ne donne pas forcément envie de s'y rendre toute affaire cessante. Au milieu de cette grisaille, pourtant, se dessine parfois des lieux auxquels le personnage principal, le procureur Teodore Szacki, a su s'attacher. C'est que le quotidien des Varsoviens n'est pas toujours facile et l'architecture qui les entoure assez austère.

Le lecteur se plait à comprendre, au fur et à mesure, le fonctionnement de la machine judiciaire polonaise. C'est le procureur, donc, qui mène l'enquête et qui sollicite la police. Proche de la quarantaine, Szacki se pose beaucoup de questions : sur son couple, sa vie, sa carrière... le temps semble filer, rien ne change, ses cheveux deviennent gris. Intègre, il reste pourtant persuadé de son utilité mais se sent terriblement fatigué de lutter contre la routine qui s'installe. Il essaiera d'ailleurs de mettre un peu de piment dans cette vie monotone. Son questionnement est d'autant plus évident que la découverte d'un cadavre survient au milieu d'une séance de psychothérapie. Szacki s'interroge donc sur la méthode de la constellation familiale, et se livre au passage largement à l'introspection. Il a une personnalité assez décalée, cynique et pourtant attachante. Sa relation aux femmes, assez loin des stéréotypes du tombeur ou du loup solitaire, est bien trouvée.

Nous sommes en 2005, au moment de la prise de pouvoir des frères jumeaux Kaczynski. Chaque chapitre commence par le descriptif des événements mondiaux avant de se resserrer sur la situation en Pologne puis sur Varsovie. Ça permet de resituer historiquement l'évolution de la Pologne par rapport au bloc de l'ex URSS. Car l'histoire du pays pèsera forcément sur la résolution d'une des enquêtes qui est confiée à Szacki. Je dis "une des enquêtes" car, en dehors du récit majeur du roman, deux ou trois autres intrigues sont abordées. Le métier de procureur oblige en effet à jongler d'une enquête à l'autre, choisissant laquelle poursuivre, laquelle abandonner, que ce soit par manque de preuve ou par choix politique pour faire plaisir aux élus locaux.

On est loin d'un thriller ou d'un roman plein de courses poursuite, mais plus proche d'un polar bien rythmé, mâtiné de guide de l'urbanisme Varsovien et d'histoire de la Pologne. Szacki mène l'enquête de façon assez classique, tirant un à un les fils pour arriver à résoudre le problème qui se pose.

Un roman pas révolutionnaire donc, mais très agréable et original par son cadre. J'ai très envie de découvrir le deuxième tome des aventures du procureur Szacki maintenant.

Les impliqués, de Zygmunt Miloszewski
Traduit par Kamil Barbarski
Éditions Mirobole pour Kindle
Octobre 2013

14 juillet 2015

Summer PAL


L’été, c’est le moment où l’on imagine quelles seront ses prochaines lectures. Alors, voici ma short PAL pour les quelques semaines à venir.

L’île du serment de Peter May, parce que j’ai beaucoup aimé la trilogie de Lewis et que j’ai envie de retrouver l’auteur.
Papillon de nuit de R.J Ellory, acheté tout récemment, j’ai très envie de découvrir la plume de jeunesse de cet auteur que j’adore.
Poésie du gérondif de Jean-Pierre Minaudier, parce que, si c’est ce à quoi je m’attends, il est possible que je décide de l’offrir.
La muraille de lave d’Arnaldur Indridason, histoire de faire un petit tour en Islande pour me raffraîchir
Fearless Fourteen de Janet Evanovich, pour travailler mon anglais avec légèreté.
Le camp des morts de Craig Johnson, pour continuer après ma découverte du shérif Longmire dans Little Bird.
Mapuche de Caryl Ferey, parce qu’on me l’a prêté et qu’il faudra que je le rende.
La condition magique de Hubert Haddad, parce qu’on me l’a offert et qu’il faudra que j’en parle.
La fille du roi des elfes de Lord Dunsany, parce que la liste ci-dessus manquait d’un peu de SFFF. 

Mais aussi, sur ma liseuse :

Alors voilà : les 1001 vies des Urgences de Baptiste Beaulieu, acheté tout récemment, je me demande ce que ça peut donner.
La mémoire des embruns de Karen Viggers, conseillé par Gérard Collard.
Toute la lumière que nous ne pouvons voir d’Anthony Doerr, parce que la blogo en parle beaucoup et que Pulitzer à la clef.
Les impliqués de Zygmunt Miłoszewski, parce que Lelf adore. Et qu'en fait, je suis déjà dedans :)

Comme chaque année, certains seront lus, pas tous, et d’autres feront leur apparition. Pas de vacances tout de suite pour moi, alors je vais continuer à publier mais sûrement au ralenti. Ne vous étonnez pas.

10 juillet 2015

Le livre de la mort [Anonyme]

Il y a un peu plus d'un an qu'avec Loesha nous faisions une lecture commune du 3e opus des aventures du Bourbon Kid, Le cimetière du diable. Nous avions bien sûr aimé et, avant la sortie d'un 5e volet en septembre, il était grand temps de sortir le 4e des étagères, en le lisant avec Loesha.

L'histoire : Il est sans doute préférable pour votre bien-être que personne n’inscrive jamais votre nom dans Le Livre de la mort, sans quoi il vous resterait très peu de temps pour formuler vos dernières volontés. Aussi on peut aisément comprendre que celui-ci fasse l’objet de multiples convoitises, en général assez mal intentionnées. Et que quelques contrariétés guettent son actuel détenteur, l’infortuné Sanchez.

Officiellement mort, le Bourbon Kid, le tueur le plus impitoyable que la terre ait jamais portée, devrait, pour sa part, pouvoir aspirer à des jours heureux en compagnie de Beth, son amour de jeunesse enfin retrouvé. Encore faudrait-il que sa nouvelle identité reste secrète, sans quoi ses nombreuses victimes et ses ennemis, plus nombreux encore, pourraient bien s’unir pour élaborer une terrible vengeance. Mais quand Beth est kidnappée et qu’il s’avère être le seul à pouvoir sauver la petite ville de Santa Mondega d’un terrible bain de sang, le Bourbon Kid n’a plus qu’une solution : revenir d’entre les morts. Plus sauvage et impitoyable que jamais.

Vous pensiez ne jamais plus rien pouvoir lire de plus déjanté et jubilatoire que les trois premières aventures du Bourbon Kid ? Vous aviez tort.

Mon avis : J’ai mis un peu de temps à comprendre que l’action se situait là où je l’avais laissée dans L’œil de la lune et du coup à retrouver mes marques.

On retrouve avec toujours autant de plaisir ces personnages susceptibles et prêts à tuer pour un rien. En gardant toujours la part d’humour qui fait le charme de ces romans, l’auteur réussit son coup surtout grâce à Sanchez, le barman du Tapioca qui va changer de métier et devenir flic. On aime toujours le mélange des genres, entre policier, western, gore, humour…

Après, ça manque de nouveauté pour être un coup de cœur. Une série, du plaisir vite consommé, il faut que ça bouge pour ne pas lasser. L’objectif est atteint, mais il n’en reste pas forcément grand-chose après. L’évolution du Bourbon Kid est un peu trop attendue. Attention à ne pas s’essouffler donc et je crains pour le 5e volet qui sortira en septembre chez Sonatine. Cependant, je ne bouderai pas mon plaisir, notamment avec la scène de massacre généralisé finale qui est jubilatoire et se laisse dévorer.

"Tex approcha un peu plus son visage de l'écran afin de mieux y voir. "Un des types s'est fait décapiter, dit-il. L'autre s'est fait couper en deux dans le sens de la longueur.
 - Coupé en quoi ?
 - En deux. À partir du bas de l'abdomen. Dans le sens de la longueur, tu vois. Comme une tartine.
 - Putain !
 - Tu m'étonnes. Ça doit pas être agréable."

Le livre de la mort, d'Anonyme
Traduit par Diniz Ghalos
Éditions Sonatine pour Kindle
Avril 2012

08 juillet 2015

Vice Versa, de Pete Docter

Film d'animation américain de Pete Docter, sorti le 17 juin 2015.

L'histoire : Au Quartier Général, le centre de contrôle situé dans la tête de la petite Riley, 11 ans, cinq Émotions sont au travail. À leur tête, Joie, débordante d’optimisme et de bonne humeur, veille à ce que Riley soit heureuse. Peur se charge de la sécurité, Colère s’assure que la justice règne, et Dégoût empêche Riley de se faire empoisonner la vie – au sens propre comme au figuré. Quant à Tristesse, elle n’est pas très sûre de son rôle. Les autres non plus, d’ailleurs… Lorsque la famille de Riley emménage dans une grande ville, avec tout ce que cela peut avoir d’effrayant, les Émotions ont fort à faire pour guider la jeune fille durant cette difficile transition. Mais quand Joie et Tristesse se perdent accidentellement dans les recoins les plus éloignés de l’esprit de Riley, emportant avec elles certains souvenirs essentiels, Peur, Colère et Dégoût sont bien obligés de prendre le relais. Joie et Tristesse vont devoir s’aventurer dans des endroits très inhabituels comme la Mémoire à long terme, le Pays de l’Imagination, la Pensée Abstraite, ou la Production des Rêves, pour tenter de retrouver le chemin du Quartier Général afin que Riley puisse passer ce cap et avancer dans la vie…

Mon avis : Avant d’aller au cinéma voir Vice Versa, je n’étais pas très sûre d’apprécier la séance. Pixar, c’est pour moi le studio qui a réalisé des films d’animation que j’adore, comme Wall-E, Ratatouille ou Là-haut. Mais leurs productions plus récentes laissaient quelque peu à désirer. Et puis le pari était sacrément risqué : nous expliquer de l’intérieur les émotions qui nous animent, tout en nous les faisant ressentir et en étant accessible aux petits comme aux grands. Pari risqué donc, mais pari largement réussi !

Avant d’entamer le chapitre des éloges, commençons par le petit bémol, vers la fin de la première moitié, où quelques scènes sont un peu inutiles et m’ont fait craindre de perdre le fil et la magie. Pourtant, non, ce n’est qu’une pause avant d’entamer la seconde partie, dont le spectateur sort bouleversé, après avoir pleuré et ri aux éclats. Longtemps après la séance, on repense à nos propres souvenirs d’enfance, à ce qui nous a construit. On se livre à l’introspection et la puissante mélancolie du film nous touche encore.

Riley est une petite fille de 11 ans, joyeuse et pleine d’entrain. Jusqu’à ce que ses parents décident de déménager du Minnesota, direction San Francisco. Adieu la maison et le jardin, le lac gelé, l’équipe de hockey et la meilleure amie. Une maison de ville décrépite sera leur nouveau logement. Le jour de la rentrée passé, tout part à vau-l’eau. La mue commence, Riley grandit et doit apprendre à gérer la complexité de ses sentiments. Dans l’antre de la personnalité de Riley où plonge le spectateur, 5 émotions sont aux commandes : Joie, Tristesse, Dégoût, Peur et Colère. Jusqu’à maintenant, Joie menait un peu tout le monde à la baguette. Elle est gaie, forcément, mais laisse peu de place aux autres. C'est assez typique de la petite enfance. À l’occasion du déménagement, Joie et Tristesse vont être éjectées de l’ordinateur central, laissant Dégoût, Peur et Colère aux commandes. Ces trois émotions, typiques de l’adolescence, vont provoquer des catastrophes, pendant que Joie et Tristesse vont se découvrir réellement et s’apprivoiser en errant parmi les souvenirs.

On retrouve ici toute la magie des studios Pixar, qui font preuve ici d’une grande inventivité dans cette œuvre originale, loin des adaptations habituelles de conte pour enfants de Disney. La narration est fluide, ce qui n’est pas rien vu la complexité du sujet. L’humour est là, que ce soit lors des incursions dans la personnalité des parents ou par l’interaction entre Joie et Tristesse, qui vont découvrir leur complémentarité. Il y a de l’émotion, du rire, des larmes, de l’aventure, de la magie, le tout parfaitement dosé.

En bref, une nouvelle pépite à voir absolument !

06 juillet 2015

La variante chilienne [Pierre Raufast]

Pour le 1000e billet de ce blog, je vous propose en avant-première le nouveau livre de Pierre Raufast, après le succès mérité de sa Fractale des raviolis l'année dernière.

L'histoire : Il était une fois un homme qui rangeait ses souvenirs dans des bocaux. Chaque caillou qu’il y dépose correspond à un évènement de sa vie. Deux vacanciers, réfugiés pour l’été au fond d’une vallée, le rencontrent par hasard. Rapidement des liens d’amitiés se tissent au fur et à mesure que Florin puise ses petits cailloux dans les bocaux. À Margaux, l’adolescente éprise de poésie et à Pascal le professeur revenu de tout, il raconte. L’histoire du village noyé de pluie pendant des années, celle du potier qui voulait retrouver la voix de Clovis dans un vase, celle de la piscine transformée en potager ou encore des pieds nickelés qui se servaient d’un cimetière pour trafiquer.

Mon avis : J’avais adoré La fractale des raviolis. C’est avec un immense plaisir que j’ai retrouvé dans cette Variante chilienne tout le bonheur de la plume de Raufast.

Pascal, professeur, emmène Margaux, la fille d’un collègue, pour des vacances dans la vallée de Chantebrie. La jeune fille a besoin de s’éloigner d’une atmosphère familiale pesante. Tous les deux ont la passion des livres et des mots. Ils vont rencontrer Florin, qui associe ses souvenirs à des cailloux et qui va leur raconter d’incroyables histoires, au fil desquelles une amitié va se tisser.

Pierre Raufast fait toujours autant preuve d’inventivité. Il voltige, au gré des souvenirs de Florin, d’une histoire à une autre. Le merveilleux fait parfois son apparition. Des événements non dénués de gravité surviennent, mais traités avec sobriété, comme pour ne garder toujours que le meilleur. L’auteur sait tenir l’attention de son lecteur, qui ne peut refermer le livre. Car il est simplement addictif. Ça se lit, ça se dévore et ça se savoure aussi. Je l'avais déjà dit pour son précédent roman, et je le redis ici, Raufast a le talent du conteur : de mot en mot, de phrase en phrase, puis de page en page, il emporte le lecteur dans son histoire sans que celui-ci ne s'en rende compte. Le tout est mâtiné d'une jolie réflexion sur le temps qui passe et l'importance des souvenirs dans la construction d'un homme.

Précipitez-vous sur ce livre, qui accompagnera à merveille vos vacances si vous partez en septembre. Tout comme Pascal et Florin devisant devant la maison en vieilles pierres, je vois parfaitement ce roman entre vos mains, dans le jardin d’une maison de campagne. Et si vous faites la rentrée scolaire, ce n'est pas une excuse, il est parfait aussi pour cette occasion. N’hésitez pas.

« Les si sont des carrefours invisibles dont l’importance se manifeste trop tard ». p°104

Un grand merci à Babelio et Alma Editeur pour ce roman savoureux ! Et la confirmation d'un auteur à suivre.

La variante chilienne, de Pierre Raufast
Alma Editeur
Août 2015

03 juillet 2015

Fleurs #32

Fleurs offertes le 24/05/2015