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14 janvier 2014

Le chien qui louche [Etienne Davodeau]

L’auteur : Etienne Davodeau est un dessinateur et scénariste de bandes dessinées français, né en octobre 1965.

L’histoire : Fabien, surveillant au Louvre, aime son métier. Depuis quelques semaines, il aime aussi Mathilde. Celle-ci vient présenter son ami à sa famille dans la vaste maison de campagne près d’Angers. Non sans appréhension : le clan Benion est un peu « particulier ». Après le dîner, on veut « montrer un truc » à Fabien. Au grenier, à l’occasion de travaux, on a trouvé récemment un coffre dans lequel un aïeul avait laissé une peinture, ou plutôt, une affreuse toile… Que vaut le tableau de l’ancêtre, demandent les Benion, est-ce une croûte ou un chef d’œuvre ?

Mon avis : Voici une bande dessinée comique qui propose au lecteur une incursion de l’autre côté du miroir, chez les surveillants des salles du musée du Louvre. Leur vie, ou plutôt celle de Fabien, mais surtout leur vision du public qui arpente les salles, ne jetant qu’un vague regard sur certaines œuvres, s’attardant démesurément sur d’autres, plus connues. Les gens sont des moutons. Il faut ouvrir les yeux comme à la première fois, d’observer, de scruter et de prendre le temps d’être devant une œuvre et de l’apprécier. Se laisser porter par une émotion, quelle qu’elle soit. Car c’est bien le fond de cette bande dessinée que de questionner le lecteur. Qu’est ce que l’Art ? (C’est d’ailleurs une question que j’ai eu au bac) Qui décide de ce qui est beau ? De ce qui doit être exposé ? Des explications en fin d’ouvrage éclairent le lecteur sur le positionnement du Louvre et sur le choix qu’il est amené à faire. Mais ce questionnement est intéressant et habilement amené.
Dans le corps de l’ouvrage, on retrouve parfaitement la dichotomie présente sur la couverture. Alors que les œuvres d’art sont représentées avec finesse et délicatesse, le contraste est saisissant avec les personnages, tout en grossièreté. Si Fabien et les compagnons de la République du Louvre font preuve d’ouverture d’esprit sur l’art et de diplomatie dans la façon de donner leur avis, ils sont néanmoins représentatifs d’un certain élitisme bourgeois parisien. La famille de Mathilde est l’image des ploucs de province qui montent à la capitale. Très caricatural donc. C’est de l’humour, je n’en doute pas. Sauf que ça ne m’a pas fait rire à tous les coups. Par contre, l’auteur sait rendre très expressifs ses personnages.
Un avis un peu mitigé donc. Si j’ai été très emballée par le propos et la qualité du dessin, j’ai été moins convaincue par le scénario et le parti pris.

5 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Tous les avis que j'ai lu jusqu'à présent étaient mitigés.....

Brize a dit…

Les derniers avis que j'avais lus étaient positifs, au point que j'avais presque regretté de ne pas l'avoir offert à une nièce (qui a fait l'école du Louvre) à Noël, parce que mon libraire préféré n'était pas convaincu. Tu ne l'as pas été non plus, ça me rassure :).

Petite Fleur a dit…

@ Alex Mot-à-Mots : de mon côté, j'ai vu pas mal d'avis plutôt positifs.

@ Brize : Oui, si le questionnement est intéressant, je ne suis pas convaincue. Je ne connaissais pas l'auteur ceci dit. J'ai pu voir que cet album correspondait bien à son style. Pas sure de tenter du coup :-)

Nane a dit…

Même si j'ai ri de temps à autres, le côté caricatural de la famille provinciale m'a également gênée.
De cet auteur, j'ai nettement préféré Les Ignorants, retraçant un an d'échanges entre un dessinateur de BD (l'auteur) et un vigneron. Captivant.

canel a dit…

Bien d'accord avec toi pour la caricature, qui en plus m'a bcp surprise chez cet auteur. Le 'connaissant', je veux bien croire que c'est à prendre au 2e degré, mais j'y arrive pas...
J'avais l'impression qu'il n'y avait que des avis emballés, voire très emballés, je me disais que je devais être de mauvais poil (de chien qui louche ;-)) qd je l'ai lu. Ouf, ton avis ! ;-)
Pas aimé les traits du visage de la femme, par contre la bouille du chien me faisait marrer à chq fois.