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16 janvier 2015

Carmilla [Sheridan Le Fanu & Isabella Mazzanti]


L'auteur : Sheridan Le Fanu est un écrivain irlandais né en août 1814 et mort en février 1873. Publiée en 1872 dans le recueil In a Glass Darkly, Carmilla est une nouvelle fantastique.

Isabella Mazzanti est une illustratrice italienne née en 1982.

L'histoire : Dans un château de la lointaine Styrie, au début du XIXe siècle, vit une jeune fille solitaire et maladive.

Lorsque surgit d'un attelage accidenté près du vieux pont gothique la silhouette ravissante de Carmilla, une vie nouvelle commence pour l'héroïne. Une étrange maladie se répand dans la région, tandis qu'une inquiétante torpeur s'empare de celle qui bientôt ne peut plus résister à la séduction de Carmilla... Un amour ineffable grandit entre les deux créatures, la prédatrice et sa proie, associées à tout jamais "par la plus bizarre maladie qui eût affligé un être humain".

Mon avis : Voici un texte classique du XIXe siècle, un classique de la littérature vampirique puisqu'il semble que Bram Stocker lui-même s'en soit inspiré pour écrire son Dracula. L'ambiance est gothique à souhait et le cadre d'un vieux château autrichien simplement parfait pour les événements que l'auteur se propose de nous conter.

Carmilla fascine car elle est une figure féminine bien plus séduisante qu'effrayante. La dimension érotique et saphique est assez évidente tant les baisers et les témoignages d'affection et d'amour pleuvent dans la relation entre Laura, la narratrice, et Carmilla. D'autant que la prédatrice s'attaque uniquement à des jeunes filles, là où le Dracula de Bram Stocker est une figure masculine s'attaquant au sexe opposé. Et je me demande comment une telle histoire a pu être autorisée à l'époque. Les hommes sont quasi inexistants, ne reprenant le devant de la scène que pour tuer le monstre sanglant. La femme ultime, Carmilla, est décrite toute en beauté, qu'il s'agisse de ses traits ou de sa chevelure. Tout est fait pour séduire. Seul le lecteur résiste aux charmes de la belle brune puisqu'il est prévenu par les paroles de Laura. Il est à même de détecter la cruauté derrière la délicatesse et la volupté qui se dégagent de Carmilla. Et puis, le lecteur moderne sait reconnaître les signes laissés par un vampire. L'angoisse qui monte en lui n'est donc pas celle qui surgit face à l'inconnu mais bien davantage celle face à un grand danger bien connu qui ne peut se solder que par la mort.

J'ai tout de même été étonnée qu'aucune poursuite ne soit lancée contre la mère supposée de Carmilla qui participe grandement aux complots visant à fournir des victimes à sa fille.

Côté visuel, ce qui est l'avantage de l'édition que j'ai choisie, les couleurs en dégradé de noir et en rouge s'accordent parfaitement avec l'ambiance sombre et sanglante. Les illustrations sont vraiment belles mais pourtant elle s'accordent rarement avec le texte présenté en vis à vis.


Une lecture qui entre dans la catégorie Prénom du Challenge Petit Bac d'Enna.

Carmilla, de Sheridan Le Fanu et illustré par Isabella Mazzanti
Traduit par Gaïd Girard
Soleil Productions
Octobre 2014

1 commentaires :

Loesha a dit…

Je ne savais pas que Dracula était peut-être inspiré par ce roman... Ca m'intrigue beaucoup, je vais le downloader sur Project Gutenberg et mettre dans ma PAL de ce pas !