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09 novembre 2015

Sans parler du chien [Connie Willis]

L'auteur : Connie Willis, née en décembre 1945 dans le Colorado, est une romancière américaine de science-fiction très primée. Elle a notamment reçu le Prix Hugo en 2009 pour Sans parler du chien.

L'histoire : Nous sommes au XXIe siècle, Ned Henry, un historien voyageur temporel, fait partie de l'équipe chargée de reconstituer la cathédrale de Coventry sur son modèle du XIXe. Déjà pressé par son tyrannique supérieur Lady Schrapnell, Henry voit sa tâche, déjà éprouvante physiquement et mentalement, se compliquer par un malheureux hasard qui remet en cause l'avenir du monde. Il est chargé de corriger un dangereux paradoxe temporel causé par une de ses collègues, qui a malencontreusement ramené un chat d'une de ses expéditions dans le XIXe siècle. Sans parler du chien...

Mon avis : Mon histoire avec Connie Willis avait mal commencé l'année dernière avec mon abandon de Black out. Alors, pour me motiver davantage pour ce deuxième titre, j'ai convenu d'une lecture commune avec Loesha (qui aura été plus emballée que moi !). Et encore heureux pour moi, car c'est ce qui m'a permis d'en venir à bout.

Le début est à l'image de Black out. L'histoire est un mix de SF et d'Histoire, puisque nous sommes en 2057 et les historiens ont à leur disposition des voyages spatio-temporels pour leurs recherches. Et ici aussi, il faut s'accrocher sur le premier quart du livre où l'auteur perd allègrement son lecteur, qui ne comprend pas vraiment les dialogues (Ned est atteint de déphasage, ce qui se traduit notamment par des difficultés de compréhension), ne comprend pas non plus les concepts du voyage dans le temps. Rien n'est expliqué, l'auteur nous plonge en plein cœur d'un récit sans nous donner les tenants et les aboutissants.

L'auteur n'explique rien donc, et ce n'est qu'en avançant dans l'histoire que le lecteur va peu à peu se familiariser et appréhender ces notions. Peu à peu, mais pas complètement : les explications logiques des décalages et du pourquoi de l'aventure me sont restées totalement obscures. Et j'ai continué à tourner les pages en lisant en diagonale ces passages. Restait la partie concernant Ned et Verity plongés en pleine époque victorienne, nos deux héros enchaînant les gaffes pour tenter de ramener l'Histoire sur les rails. Ils sont attachants et drôles tous les deux, à se débattre pour essayer de ne pas faire d'anachronisme. Cependant, cela représente une trop petite partie pour garder mon intérêt.

L'histoire de ce roman est un hommage à l’œuvre de Jerome K. Jerome Trois hommes dans un bateau, dont il est largement question dans la première moitié et dont Sans parler du chien n'est autre que le sous-titre. De nombreux clins d’œil sont fait à ce classique de la littérature. Mas, élément qui m'a fait sortir de mes gonds et à deux tout petits doigts d'arrêter là ma lecture : un énorme spoiler de Pierre de lune de Wilkie Collins, que je comptais bien lire un jour ! Au cours d'une discussion entre ses deux héros, qui cherchent à découvrir où a pu passer un objet, Connie Willis évoque Hercule Poirot, les trucs d'Agatha Christie pour surprendre le lecteur, puis donner, sans préambule, le nom du coupable et le comment de Pierre de lune. Non mais oh !!! Ça va pas ! Les références, je veux bien, mais gâcher totalement le plaisir d'un futur lecteur, quel est l'intérêt !?

Bref, une lecture ratée et énervante. La quatrième de couverture avait pourtant tout pour plaire, l'idée est intéressante, mais c'est le traitement fait par l'auteur de cette histoire qui ne me convient absolument pas.

Sans parler du chien, de Connie Willis
J'ai Lu
Juin 2009

7 commentaires :

keisha a dit…

Je cherche à lire toute la série, mais n'ai lu que ce Sans parler du chien (et je suis d'accord, spoiler Pierre de lune, ça ne se fait pas). Cependant je sais être la lectrice pour ce type d'histoires embrouillées.

Loesha a dit…

Le coup du spoiler je suis passée à côté, n'ayant pas prévu de lire la Pierre de lune... Mais j'en conviens c'est moyen (d'ailleurs ils le font à demi mot pour un paquet d'ouvrages).
Une lecture tiède pour moi, mais pour toi vraiment glaciale à ce que je vois !

Mariejuliet a dit…

Je n'avais pas trouvé Black Out embrouillé, mais quasiment que historique et c'st là où je n'avais pas accroché.

Lili Galipette a dit…

Je ne pense pas du tout que l'auteure avait l'intention de "spolier"...
Elle partait plutôt du principe que ses lecteurs ont lu tous les romans qu'elle cite, détourne ou utilise dans son propre roman.
Donc, c'est surtout un clin d'oeil, pas un spoiler.

Alex Mot-à-Mots a dit…

Un titre que je ne note pas, dans ce cas.

Lilly a dit…

Comme toi, j'ai été assez déçue par ce livre. Je l'ai lu en vacances, donc j'étais détendue, mais moi non plus je n'ai pas tout compris, et je suis loin de m'être amusée autant que prévu.

La chèvre grise a dit…

@ keisha : des fois, j'aime bien ne pas tout comprendre tout de suite, voir l'ambiance et le décor se poser. Dans un autre genre, c'était un peu le cas de "La horde du contrevent" de Damasio. Ca ne me pose pas de problème. Mais là, deuxième essai avec cette auteur et toujours autant de mal.

@ Loesha : quand c'est fait à demi-mots, en faisant juste référence à, je peux comprendre. M'enfin spoiler complètement...

@ MJ : Le côté historique aurait plutôt tendance à m'attirer en fait.

@ Lili galipette : ben autant je suis d'accord pour les autres romans qu'elle cite dans celui-ci, autant pour Pierre de Lune, quand tu divulgues le nom du coupable et le comment, tu as quasi tout divulgué, donc c'est un spoiler. Après, je suis bien consciente que ce n'est certainement pas fait méchamment, et plutôt dans l'idée que tout le monde là lu. Mais le postulat est mauvais, parce que je ne l'ai pas lu et je comptais le faire plus tard.

@ Alex Mot-à-Mots : selon les goûts, hein, car beaucoup ont apprécié.

@ Lilly : voilà, quand ce genre de lecture n'est plus amusante, ce n'est pas bon signe.